Transport durable

Dropbike: le vélopartage sans borne à Kelowna

Faire du vélo est presqu'une deuxième nature pour nous. Dès qu'il possible d'en faire, nous ne passons jamais à côté de l'occasion. Tout dernièrement, nous avons essayé les vélos en libre-service sans borne de la compagnie Dropbike dans la ville de Kelowna. C'était la première fois que nous essayions ce type de vélopartage et je vous fais part, ici, de notre expérience et de nos impressions.

Utiliser les modes de transport actifs et collectifs dès qu’il nous est possible est un des moyens que nous avons trouvé pour réduire notre consommation de carburant, et donc, notre impact environnemental. Lors de notre périple dans l’Ouest canadien, nous nous sommes arrêtés dans la ville de Kelowna qui, à notre grande surprise, est un endroit où le déplacement à vélo est grandement mis de l’avant. En effet, la ville possède le plus vaste réseau cyclable en proportion de sa taille au Canada, plusieurs pistes cyclables vertes ainsi que des vélos en libre-service de la compagnie Dropbike. Nous avons donc sauté sur l’occasion d’essayer ce système de vélopartage, où les vélos peuvent être laissés librement dans la ville, plutôt qu’à des bornes comme c’est le cas pour le vélopartage avec bornes fixes.

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Carte du réseau cyclable de Kelowna

La compagnie

La compagnie Dropbike est une compagnie torontoise qui offre des vélos en libre-service sans borne fixe dans plusieurs villes ou arrondissements au Canada tels qu’à Westmount à Montréal, dans plusieurs villes de l’Ontario, à UBC à Vancouver et, depuis 2018 comme projet-pilote, dans la ville de Kelowna en Colombie-Britannique. La compagnie ne demande aucun investissement de la ville et gère l’ensemble du projet à ses frais.

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Villes où la compagnie Dropbike fournit des vélos en libre-service (en orange) et villes qui ont fait une demande d’implantation (en gris)

Le coût

Le coût pour l’utilisateur de ces vélos en libre-service n’a rien de dispendieux: 1$ par heure d’utilisation. Ce coût est beaucoup moins élevé que ce que propose BIXI, organisme fondé par la ville de Montréal offrant des vélos en libre-service avec bornes fixes, au coût de 2.95$ pour un trajet de moins de 30 minutes.

Il est aussi possible d’avoir des forfaits qui s’adaptent mieux aux besoins des résidents, comme par exemple, 20$ pour 30 jours d’utilisation. De plus, vous bénéficiez de votre premier essai gratuitement et vous pouvez obtenir davantage de trajets gratuits si vous achetez un certain nombre de crédits.

Le fonctionnement

Le concept des vélos en libre-service de Dropbike est assez simple:

Avant l’utilisation: À l’aide d’un téléphone intelligent et de l’application Dropbike, vous repérez un vélo qui est à proximité et vous vous rendez à son emplacement. Ensuite, vous vous connectez à celui-ci en numérisant son code QR, ce qui permet alors de le déverrouiller et d’entamer, aussi simplement, votre balade.

Après l’utilisation: Après votre utilisation, vous garez le vélo où bon vous semble tant que ce dernier se retrouve dans une zone délimitée pour l’utilisation des vélos libre-service (par exemple, un campus universitaire ou les limites de la ville). Pour la ville de Kelowna, qui mène actuellement un projet pilote avec Dropbike, cette zone est restreinte au centre-ville.

Un plus que la compagnie a pensé est la création de havens, c’est-à-dire des zones délimitées par un rectangle jaune pour y laisser les vélos en libre-service (à l’entrée de certains parcs et commerces ou dans certaines rues). Cela permet entre autre d’éviter qu’une situation chaotique survienne comme il a été vu en Asie et en France où plein de vélos traînaient n’importe où dans la ville.

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Les vélos libre-service Dropbike dans un haven

Comparaison avec les vélos à bornes fixes

Les principales différences entre ces deux type de vélopartage sont la localisation des vélos ainsi que la nécessité du téléphone intelligent.

Localisation: Pour les vélos avec bornes fixes, la localisation est connue d’avance et on peut être assez certain d’avoir un vélo le matin venu pour aller au boulot. En effet, les villes qui ont ce genre de système déplacent les vélos en fonction de la demande pour assurer le service aux usagers. Dans le cas des vélos sans borne fixe, même si des endroits destinés à laisser les vélos ont été créés (les havens), rien n’assure la disponibilité d’un vélo. Cependant, cela a l’avantage de trouver des vélos à des endroits qui ne pourraient pas accueillir des bornes fixes, qui demandent un certain espace dans la ville.

Téléphone intelligent: Même si la nécessité d’utiliser l’application se justifie, il en reste que, pour utiliser ce service, il faut que les étoiles s’alignent et que vous ayez un téléphone intelligent assez bien chargé ainsi que des données cellulaires. Une situation probable, et qui a failli m’arriver, est que votre téléphone s’éteigne (s’il fait froid) ou qu’il manque de batterie durant le parcours. Situation bien malencontreuse puisqu’il n’est alors plus possible de verrouiller le vélo et, surtout, d’arrêter le compteur qui tourne augmentant le coût de votre balade. Ce problème est corrigé avec les vélos à bornes fixes qui ne nécessitent que l’utilisation d’une carte de crédit.

Notre verdict

Si les deux options sont disponibles, les vélos à borne fixe seraient selon nous à prioriser. Le simple fait de ne pas avoir besoin d’un téléphone intelligent est un avantage considérable. De plus, une certitude de disponibilité et de fiabilité pour les usagers vient avec les vélos à bornes fixes, alors que cela n’est pas aussi certain avec le service sans borne. Tout de même, pour une ville qui veut donner une offre de transport alternative à ses citoyens, les vélos en libre-service sans borne fixe sont une très bonne option à envisager, pouvant s’implanter sans les moindres travaux dans la ville. C’est un très bon moyen d’introduire les gens au vélopartage sans que la ville ne doive s’engager financièrement, si elle fait affaire avec Dropbike.

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Malgré que la balance penche en faveur des vélos avec bornes fixes, nous avons tout de même vraiment apprécié notre expérience avec Dropbike, malgré les petits bogues de l’application mobile. La ville de Kelowna est un endroit parfait pour y faire du vélo avec ses nombreuses pistes cyclables qui offrent autant une grande flexibilité de déplacement qu’une sécurité aux cyclistes. Le projet pilote de Dropbike semble donc bien fonctionner dans cette ville où nous n’avons vu aucun désordre causé par les vélos en libre-service, qui y sont depuis le début de l’été 2018.

Nous recommanderions fortement l’implantation de l’un ou l’autre des systèmes de vélopartage dans les villes où aucun système du genre existe. Les vélos en libre-service sont un ajout considérable à l’offre de transports durables des villes qui peuvent contrer les effets néfastes des autres types de transport à carburant.

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