Longue aventure

Préparation pour notre voyage à vélo en Nouvelle-Zélande

Étant de nature entêtée, nous avons décidé, une fois arrivés en Nouvelle-Zélande, de ne pas nous acheter d'automobile et d'essayer de se déplacer autrement. Cela se faisait très bien à Wellington, vivant à seulement 30 minutes de marche du centre-ville et ayant deux supers vélos pour se déplacer dans les autres quartiers. Mais, nous voulions aller plus loin et plus longtemps. C'est de là qu'est émergée l'idée de pédaler de Wellington jusqu'à Christchurch, soit environ 350 kilomètres.

Il aurait été tout aussi bon pour l’environnement et beaucoup plus facile pour se rendre à notre prochaine destination de prendre le train, l’autobus, de faire du covoiturage ou de l’auto-stop (du pouce en bon Québécois), qui sont toutes de très bonnes alternatives à l’auto solo. Cependant, pour se donner un petit défi et voir les paysages défiler plus lentement qu’à bord d’un véhicule routier, nous avons décidé de pédaler toute cette distance, ce qui restera décidément un moment fort de notre séjour en Nouvelle-Zélande.

Il s’agissait pour nous d’une première expérience de cyclotourisme de plus de 100 kilomètres. Nous avions fait du vélo-camping dans le passé dans les environs de la Ville de Québec ou pour se rendre à Charlevoix, mais rien d’aussi loin et d’aussi long que ce que nous nous apprêtions à faire. Nous devions donc bien nous préparer et nous vous racontons ici les détails de cette préparation en huit étapes.

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Étape #1: Trouver des vélos 🚲

Étant donné que nous n’avions pas apporté de vélos en Nouvelle-Zélande, la première étape de notre préparation a été de trouver les pièces maîtresses de notre voyage. Non loin d’où nous habitions, il y avait une coopérative de réparation de vélo nommée Mechanical TempestÀ cet endroit, nous avons pu non seulement obtenir des vélos gratuitement, mais également avoir accès à des outils, des pièces de vélo et un service d’aide à la réparation offert par des bénévoles.

Ces services étaient plus que nécessaires, car les vélos qui nous ont été donnés par la coopérative nécessitaient en échange beaucoup d’amour et de temps. En effet, ce ne sont pas de vieux vélos en état de rouler qui sont donnés, mais plutôt des vélos brisés ou grandement usés par le temps. N’ayant pas peur de nous mettre les mains à la tâche, nous avons relevé le défi et remis en état d’utilisation les deux vélos Frankenstein que nous avions obtenus. Pour ne pas nous faire voler nos deux nouveaux amours, nous avons chacun acheté un cadenas pour protéger ceux-ci des malfaiteurs.

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Étape #2: Se mettre en mode cyclotourisme 🚩

Au-delà de la remise en état de fonctionner des vélos, il nous fallait également y ajouter des accessoires pour les rendre fonctionnels en mode cyclotourisme. Chacun des vélos s’est vu ajouter un support à bagages à l’arrière pour pouvoir y mettre des objets plus lourds ainsi que des valises à vélo. Pour trouver ces dernières, nous avons publié sur un groupe Facebook de cyclistes à Wellington pour tâter le terrain à savoir si quelqu’un en aurait de vieilles à vendre. Nous avons eu l’aimable réponse de quelqu’un qui nous en a offert deux gratuitement. Pour les autres gros objets comme notre sac de couchage, notre matelas de sol et notre tente, nous avons acheté des bandes élastiques pour les attacher sur l’autre côté du vélo.

Pour faire face à la pluie, nous nous sommes préparés en conséquence en ajoutant des garde-boues à nos vélos (encore une fois trouvés à la coopérative). Nous avons utilisé nos housses anti-pluie de sacs à dos pour protéger nos gros objets se trouvant sur l’un des côtés du support à bagages. Quant aux deux valises de vélo, elles étaient chacune déjà munies d’une housse anti-pluie. Finalement, nous devions ajouter des gourdes d’eau (au nombre de deux) sur chacun des vélos, que nous n’avions évidemment pas amenées du Québec. Ainsi, nous en avons trouvées facilement à l’Armée du Salut ainsi qu’à la Société St-Vincent de Paul.

Étant donné que nous sommes arrivés ici avec nos sacs à dos de voyage (backpack), il nous fallait les apporter lors de notre périple à vélo. Nous avons donc établi notre organisation en fonction, en mettant dans nos sacs à dos des objets légers qui n’ajouteraient pas un poids trop significatif sur nos épaules, même si cette façon de faire n’est pas recommandée pour les longs voyages à vélo.

Set-up Vélo - 1

Étape #3: Être sécuritaire avant tout ⛑

Pour éviter tout accident ou toute situation de danger, nous nous sommes munis de deux casques (le port du casque étant même obligatoire en Nouvelle-Zélande), un phare arrière, une lampe frontale comme phare avant et des bandes réfléchissantes. Tous ces accessoires ont soit été trouvés gratuitement à la coopérative, achetés dans les magasins de seconde main ou étaient déjà en notre possession. Nous avons aussi ajouté sur nos deux sacs à dos les drapeaux du Québec et de la Nouvelle-Zélande pour avoir un élément visible de loin et tenter d’attirer la sympathie des automobilistes.

À ces équipements de sécurité à vélo, nous avons ajouté au volet sécurité une trousse de premiers soins et de la crème solaire que nous avions apportées du Québec. De plus, puisqu’un petit inconfort peut rapidement se transformer en douleur à la suite de plusieurs dizaines de kilomètres à vélo, nous avons mis toutes les chances de notre côté au niveau de l’habillement: un chandail long respirant pour éviter les coups de soleil au bras, une casquette, des lunettes de soleil pour se protéger non seulement du soleil, mais également de sable, des moustiques ou de petites roches propulsées par les automobilistes. Nous avons également pris la décision d’acheter des cuissards matelassés de vélo vu le nombre élevé de kilomètres à parcourir (un gros merci à l’Armée du Salut où nous avons pu en obtenir pour seulement 6$).

wellington-bike

Étape #4: Se préparer aux imprévus 🔧

Se déplacer à vélo peut mener à plusieurs surprises telles qu’un pneu crevé ou tout autre bris du vélo. De ce fait, nous nous sommes prémunis d’une trousse de réparation de vélo contenant:

  • Outils pour changer la chambre à air
  • Une trousse de réparation de crevaison
  • Des clés Allen de différentes grandeurs
  • Différents types de tournevis
  • Divers autres outils que nous ne sommes pas sûrs de savoir comment les utiliser (YouTube sera là en cas de problème).

Nous avons ajouté à cette trousse de réparation une pompe usagée ainsi que des chambres à air de rechange. Finalement, nous avons ajouté l’essentiel pour tout type de réparation: un rouleau du Duct-Tape!

Réparations

Étape #5: S’entraîner un peu, mais pas trop 💪🏻

Nous sommes en général assez actifs physiquement. Nous pratiquons la course, l’escalade, le cyclisme utilitaire et faisons de temps à autre des entraînements par intervalles et du yoga. Malgré tout, il nous fallait nous entraîner pour habituer notre corps à faire de longues distances à vélo. De ce fait, nous nous sommes entraînés au travers quelques longues sorties à vélo. Nous avons aussi fait un long voyage avec tout le matériel nécessaire ainsi que la nourriture pour tester le tout. Ce voyage s’est fait au Belmont Regional Park, situé à environ 30 kilomètres de vélo de Wellington. Nous y avons campé et sommes revenus le lendemain matin, ce qui nous a permis de finaliser notre préparation.

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Étape #6: Bien s’alimenter 🍎

Prévoir les repas en fonction des épiceries qu’il y aurait sur la route était une tâche difficile, d’autant plus que nous tenions à conserver notre alimentation végétalienne et la plus sans déchet possible. Nous avons décidé de débuter le voyage avec de la nourriture que nous aurions tout le long du voyage et que nous pouvions, dans la mesure du possible, nous procurer en vrac avant le départ, notamment:

  • Un mélange du randonneur maison fait de noix, graines et fruits séchés
  • Une dizaine de barres tendres maison
  • Des fruits frais
  • Du chocolat noir
  • Du maïs soufflé
  • Du gruau et de la nourriture pour bébé en poudre
  • Du beurre de cacahouètes et de la confiture
  • Un mélange de sel, d’ail et de fines herbes
  • Des protéines végétales en poudre à saveur de chocolat
  • Des électrolytes en poudre (un équivalent du Gatorade)
  • De la levure alimentaire et des protéines végétales texturées pour ajouter des protéines à nos repas

En plus de ces aliments que nous aurions continuellement, nous devions avoir des soupers protéinés avec des ingrédients faciles à trouver, même dans les petites épiceries:

  • Des sandwichs faits avec des poivrons, tomates, épinards et houmous
  • Du riz accompagné de fèves noires ou de lentilles
  • Des pâtes avec de la sauce tomate, de la levure alimentaire et des protéines végétales texturées

Nourriture - 1

Étape #7: Prévoir notre itinéraire 🗺

Pour préparer notre itinéraire, c’était bien simple: il n’y a qu’une seule route qui relie directement Picton à Christchurch, c’est-à-dire la State Highway 1. C’était donc celle-ci que nous allions emprunter la majorité du temps.

Pour ce qui est des endroits où nous allions dormir, nous avons regardé du côté d’iOverlander, une application destinée aux voyageurs pour trouver des endroits à dormir, mais rien ne semblait disponible le long de notre itinéraire. C’est ainsi que nous avons découvert Camper Mate, une application similaire, mais conçue spécifiquement pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, où davantage d’endroits étaient indiqués. Nous avons aussi regardé du côté du Warm Showers, un site web d’hébergement de cyclistes par des compères cyclistes, mais, en milieu rural, peu de gens semblaient disponibles pour nous héberger. Nous avons donc décidé de faire majoritairement du camping sauvage dans des endroits possibles préidentifiés, le tout sans laisser de traces. Il faut savoir que nous avons apporté en Nouvelle-Zélande tout notre nécessaire pour faire du camping, ce qui n’a nécessité aucun investissement ou achat supplémentaire: tente, sac de couchage, matelas de sol et nécessaire de cuisine.

Nous avons aussi identifié sur notre carte les épiceries, les cafés, les dépanneurs, les stations d’essence et tout ce qui pourrait nous être utile lors de notre périple. Nous avons aussi noté les points d’eau reliés à des commerces où nous pourrons remplir nos gourdes pour ne pas manquer d’eau lors du voyage.

Maps

Étape #8: Se lancer dans le vide 🙏🏻

Parcourir 350 kilomètres à vélo est plus que trois fois ce que nous avions effectué dans le passé. Plusieurs jours de camping, les vents forts de la Nouvelle-Zélande, la pluie, la largeur de l’accotement sur la route, la vitesse des automobilistes, les possibles travaux sur la route et plusieurs autres choses nous étaient encore inconnues avant de partir. Cependant, étant donné notre bonne préparation, nous nous sommes dit qu’il fallait nous lancer et c’est ce que nous avons fait!

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Pour terminer, nous tenons à remercier grandement tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette préparation soit:

  • Mechanical Tempest, où nous avons passé tellement d’heures à mettre sur pied nos vélos
  • L’Armée du Salut ainsi que La Société Saint-Vincent-de-Paul, où nous avons pu nous procurer la majorité des articles et ainsi favoriser l’économie de seconde main
  • The Vegan V1 Store, où les protéines de soya texturées et la levure alimentaire sont vendues à des prix ridiculement bas et en vrac!

Et voilà! C’est ce qui complète cet article visant à montrer comment nous avons pu, à partir de rien, nous préparer pour un voyage de vélo. Ne manquez pas la seconde partie de cet article qui racontera les épopées de ce long périple sur la côte est de l’Île du Sud.

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