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Nos découvertes à Aōraki – Parc national du Mont Cook

Avant de fouler les terres d’un pays, une anticipation se crée. Tranquillement, des portraits de son futur voyage se dessinent, marinant dans l’imagination jusqu’au départ du dit voyage. Le Mont Cook faisait partir d’un des tableaux illusoires que nous nous faisions de la Nouvelle-Zélande. La raison pour laquelle le mont Cook avait touché notre imagination est qu’il représente l’effet des grandes forces de la nature: il est le mont le plus élevé de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie.

Maintenant que l’iconique mont a été rencontré, observé et exploré dans toutes ses facettes, la réalité a pris la place de celle de la fantaisie dans notre imaginaire. Il en laisse de magnifiques souvenirs, mais aussi plusieurs questionnements:

  • Pourquoi les lacs autrefois bleutés comme ceux de Banff sont désormais verts, et que certains lacs y sont même gris ❓
  • Pourquoi certains des plus populaires sentiers étaient-ils fermés lors de notre visite
  • Pourquoi la glace des glaciers est-elle bleue et non blanche comme la neige
  • Pourquoi les glaciers qui y sont fondent-ils aussi rapidement
  • Pourquoi le mont qui y semble le plus élevé n’est-il même pas le Mont Cook ❓
  • Pourquoi est-ce un endroit recherché pour y photographier la Voie lactée 

Mount-Cook-Cover-Photo

Je vous présente les réponses à ces diverses questions dans cet article tout en vous partageant anecdotes et photos de notre périple à Aōraki – Parc national du Mont Cook.

Lacs bleus 💙

Mount-Cook-Lac-Pukaki-1.jpg
Le lac Pukaki, en direction vers le Mont Cook

Pour se rendre au Parc national du Mont Cook, il faut prendre une route qui longe le lac Pukaki. Comme le démontre la photo, ce lac détonne par sa couleur turquoise éclatant. Cette couleur vient de la réfraction de la lumière sur les particules en suspension dans cette eau que l’on nomme «farine de roche». Ces fines particules minérales ont été produites par l’érosion de la roche lors du mouvement du glacier il y a de cela des millénaires. Emportées par la fonte du glacier et par la rivière qui se jette dans ce lac, elles lui donnent la coloration que vous voyez.

Lacs gris 🖤

Mount-Cook-Lac-Mueller-1
Le point de vue du Kea Point

Arrivés au parc, nous avons décidé d’aller au Kea* Point. De ce point de vue, il est possible d’avoir une vue grandiose sur le mont Cook, ses flancs enneigés et un lac nourri par la fonte des glaciers, nommé le lac Mueller. Ce lac, contrairement au lac Pukaki, est de couleur grise laiteuse. La responsable de ce phénomène est encore la «farine de roche», mais qui, dans ce cas, est présente en si grande quantité qu’elle donne une teinte plutôt grisâtre au lac.

*À titre informatif, le kea est une espèce de perroquet endémique de la Nouvelle-Zélande qui est assez maligne et à surveiller car ceux-ci peuvent picorer votre tente pour obtenir de la nourriture.

Lacs verts 💚

Mount-Cook-Blue-Lakes-1.jpg
La randonnée des Blue Lakes

Dans le Parc national du Mont Cook se trouve également le glacier Tasman. À proximité de celui-ci, il est possible de faire la randonnée des Blue Lakes. Évidemment, nous avons décidé d’y aller, fébriles d’y voir des lacs similaires à ceux des Rocheuses d’un bleu éclatant. Par contre, nous avons été quelque peu déçus lorsque nous avons aperçu des lacs à la couleur vert brunâtre. Ne se sont-ils pas trompés de nom? Non, car les lacs étaient bel et bien bleus lorsqu’ils ont été nommés ainsi au milieu des années 1800. Par contre, au fil du temps, le glacier Tasman a fondu à un point tel que ces lacs ne sont plus alimentés par la fonte des glaces (et ainsi, en farine de roche), mais plutôt par la pluie. L’eau qui s’y retrouve est non seulement plus chaude, mais aussi stagnante, ce qui crée un écosystème parfait pour la prolifération d’algues, responsables de cette coloration verte.

Sentier fermé ⛔️

Mount-Cook-Track-Closed-1.jpg
Au premier pont suspendu de la Hooker Valley Track

Un des sentiers recommandés pour admirer le Mont Cook est celui de la Hooker Valley. En plus d’être réputé comme sentier scénique qui croise trois ponts suspendus, ce dernier est considéré comme facile, parfait dans notre cas après avoir fait, la veille, la longue ascension vers la Mueller Hut. Malheureusement, il était fermé. Pourquoi nous sommes-nous demandés? D’intenses pluies ont touché l’ouest de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande il y a peu de temps et ces dernières ont fait monter le niveau des eaux de plusieurs rivières. La Hooker River n’a pas été épargnée et a causé d’importants dégâts: deux des trois ponts ont été emportés par le courant et le sentier qui longeait la rivière n’existe simplement plus.

Glace bleue 🔹

Mount-Cook-Blue-Ice-1
Un iceberg au Tasman Lake

Ce n’est pas tous les jours que l’on croise des icebergs. En allant observer le glacier Tasman, nous avons eu la chance d’en voir et d’observer leur couleur bleutée distinctive. Pourquoi ces fractions de glaciers ne sont-ils pas blancs comme neige? Les icebergs sont faits d’eau qui fut compressée sous le poids du glacier extirpant par le fait même toute présence d’air. À nos yeux, les bulles d’air renvoient l’ensemble du spectre de la lumière, d’où pourquoi, par exemple, la neige a la couleur blanche: elle est un mélange d’eau et de bulles d’air. L’eau pure, quant à elle, est de couleur bleue absorbant le spectre de lumière rouge et ne reflétant que l’autre extrémité du spectre qu’est le bleu. De ce fait, la glace d’iceberg, ne contenant pas d’air, renvoie une coloration bleutée.

Fonte des glaciers 🔥

Mount-Cook-Ice-Melting-1
Le glacier Tasman, ou ce qu’il en reste

Le lac Tasman est situé au pied du glacier homonyme. En arrivant au point de vue pour le contempler, une employée du DOC (Department of Conservation of New Zealand) nous explique l’origine de ce lac et le recul du glacier au travers les années. « C’est à partir de la révolution industrielle que le taux de retrait de ce glacier a augmenté », nous dit-elle. Un monsieur lui demande en quelle année cette révolution a-t-elle eu lieu. Elle ne le sait, mais ce n’est pas bien grave, puisque les chiffres exposés sur les pancartes explicatives nous donnent l’information implicitement:

Le glacier Tasman a commencé à décroitre de façon plus accrue en longueur autour de 1890, peu après cettedite révolution industrielle qui s’est opérée en deux phases avec l’invention de la machine à vapeur et l’exploitation du charbon dans les années 1750-1800 et le début de l’utilisation du pétrole en 1870. Le plus choquant est la période des dernières années où, en 20 ans, le glacier a perdu l’équivalent de ce qu’il a perdu en 100 ans. D’ailleurs, selon la revue Nature, les glaciers se retrouvant, par exemple, en Nouvelle-Zélande, au centre de l’Europe et dans l’Ouest canadien auront disparu d’ici la fin du siècle si le rythme de retrait de ces glaciers reste le même!

Mont Sefton versus Mont Cook 🗻

À notre arrivée au terrain de camping sur le parc national, nous jubilions face à la proximité entre notre terrain de camping et le fameux Mont Cook. Nous avions une vue spectaculaire sur les pics enneigés de celui-ci et ne pouvions demander mieux.

Mount-Cook-Mount-Sefton-1.jpg
La vue de notre terrain de camping sur le Mont …

Comme souvent, dans les randonnées se trouvaient des affiches informatives. Heureusement que c’était le cas, car l’une de celles-ci nous a donné une information assez pertinente: le mont que nous avions tant admiré depuis le début se trouvait, en fait, à être le Mont Sefton. L’erreur est justifiable puisque le Mont Cook est réputé être le mont le plus élevé du pays et, qu’à partir des diverses vues du Parc national, le Mont Sefton semble être plus élevé en altitude. Nous avons donc été bernés par cette question de perspective (le Mont Sefton étant simplement plus près de notre position que le Mont Cook) et leurrés à y admirer bêtement son imposteur.

Réserve naturelle d’étoiles 🌌

Mount-Cook-Star-Reserve-1.jpg
La Voie lactée photographiée depuis notre terrain de camping

Le Parc national du Mont Cook est l’un des meilleurs au monde pour observer la Voie lactée. Sans trépied et avec une température frôlant les 0ºC, nous avons bravé le froid pour capturer en image cette chance unique que l’on avait de pouvoir observer les étoiles tous les soirs. Ce parc fait parti de la New Zealand’s International Dark Sky Reserve dans laquelle la pollution lumineuse est contrôlée.

Bref, c’est ce qui conclut nos découvertes à Aōraki – Parc national du Mont Cook. D’ailleurs, une dernière question que nous nous sommes posés est pourquoi le mot maori Aōraki est-il toujours placé devant le fameux nom de l’explorateur britannique James Cook. De par l’importance de cette montagne aux yeux des maoris, le nom Aōraki, qui signifie littérairement «perce-nuage», a prédominance sur l’appellation anglaise.

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