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Ce qui est vert et ce qui ne l’est pas en Nouvelle-Zélande

La conception générale de la Nouvelle-Zélande est que ce pays est un havre de paix naturel. En googlant des photos de ses magnifiques paysages, nul ne peut se douter que le pays n'est peut-être pas si vert que ça. La Nouvelle-Zélande a-t-elle plus d'aspects écolos que d'aspects qui ne le sont pas? Je vous laisse découvrir la réponse à cette question dans cet article.

Le Québec est considéré, à bien des égards, comme une province verte. Cependant, comme ses voisins de l’Amérique du Nord, il a une grande dépendance à l’automobile à essence qui vient anéantir les économies de GES faites par son hydroélectricité.  En Nouvelle-Zélande, une situation similaire se produit. On lui colle l’image d’un pays assez écolo en raison de la beauté de ses paysages, de ses efforts pour la préservation de la nature et de ses énergies hydrauliques et géothermiques. Par contre, tout comme le Québec, la Nouvelle-Zélande a aussi des accrocs qui font d’elle un pays peut-être pas aussi vert qu’on pourrait le croire.

Comme il faut toujours regarder les deux côtés de la médaille, je vous présente ici autant les bons coups environnementaux que les moins bons avec cette liste de ce qui est vert et ce qui ne l’est pas en Nouvelle-Zélande.

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Ce qui est vert 🌱

Autant dans les petites attentions pour économiser l’eau ou l’énergie que dans la mise en place de transports collectifs, en passant par le recyclage, la Nouvelle-Zélande a de quoi inspirer le Québec en matière d’environnement. En voici un résumé en 10 points.

1. Prises murales avec interrupteur  🔌

Lorsqu’un appareil est branché à une prise murale, il consommera de l’électricité même s’il est éteint. C’est ce qu’on appelle la charge fantôme, qui peut représenter de 5% à 10% de votre facture annuelle d’électricité. En Nouvelle-Zélande, chaque prise murale est équipée d’un interrupteur permettant de couper rapidement l’électricité sans avoir à débrancher l’appareil, permettant ainsi de limiter la consommation d’électricité des appareils éteints.

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Exemple d’une prise de courant en Nouvelle-Zélande. À gauche, le courant passe alors qu’à droite, il est éteint.

2. Toilettes à double débit 🚽

Toutes les toilettes en Nouvelle-Zélande sont munies d’une chasse d’eau à double débit. Celles-ci possèdent donc deux boutons pour chasser l’eau: le premier rejetant une plus petite quantité d’eau que le second. Cela permet d’utiliser le moins d’eau possible lorsqu’on va à la toilette et fait d’ailleurs partie de nos nombreux trucs pour réduire sa consommation d’eau.

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Exemple d’une toilette à double débit.

3. Recyclage du verre ♻️

Sachant que le verre est recyclable à 100%, son recyclage s’avère plus qu’important. Or, lorsque celui-ci est mélangé à d’autres matières recyclables et qu’il est cassé, il devient trop contaminé et ne peut être recyclé comme c’est le cas avec une bonne partie du verre au Québec. Dans plusieurs grandes villes de la Nouvelle-Zélande, un bac dédié spécifiquement au verre permet d’éviter toute contamination et d’assurer ainsi un haut taux de recyclage de ce dernier.

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Le bac bleu est réservé spécifiquement au verre, ce qui évite sa contamination.

4. Proudly Kiwi made 🇳🇿

Les gens de la Nouvelle-Zélande regorgent de fierté pour les produits fabriqués chez eux. Ainsi, des annonces accrocheuses comme «Proudly Kiwi made» ou «Made in New Zealand» permettent de repérer rapidement ces produits dans les magasins ou dans les épiceries. Cette fierté nationaliste a l’avantage d’encourager l’achat de produits locaux qui, d’un point de vue environnemental, ont parcouru beaucoup moins de kilomètres que leurs homologues internationaux, permettant ainsi de réduire son empreinte environnementale.

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La mention «Proudly Kiwi made» sur ce sac de croustilles.

5. Options végé au restaurant 🌿

Les Néo-Zélandais sont très inclusifs sur bien des aspects. Au restaurant, cela se traduit par la présence d’options autant sans gluten que végétariennes ou végétaliennes. Sachant que les protéines végétales émettent moins de GES que celles animales, cette offre est très appréciée pour des gens qui veulent réduire leur empreinte écologique. À Wellington, un auto-collant dans la vitrine identifie clairement les restaurants qui offrent des options végétales. De plus, les Domino’s du pays offrent plusieurs pizzas avec du fromage végétal alors que les Subway tiennent des boulettes de falafel et des galettes végétales.

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Une pizza au fromage végétal de Domino’s.

6. Protection des cyclistes par de nombreux SAS 🚴🏻‍♂️

La présence de SAS ou zones avancées pour cyclistes est un moyen de rendre visible un cycliste. Ce carré vert peinturé sur le sol peut sembler anodin, mais fait partie des nombreux aménagements de la route qui mettent les cyclistes plus en sécurité et qui, par ricochet, encouragent ce moyen écologique de se déplacer. C’est d’ailleurs une des premières découvertes que nous avons faites en arrivant en Nouvelle-Zélande. Toutefois, la Nouvelle-Zélande est très loin des Pays-Bas sur le plan des pistes cyclables. Celles-ci sont encore très marginales, malheureusement.

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Un SAS ou zone avancée pour cyclistes à Wellington.

7. Prix élevé de l’essence ⛽️

En voyant le prix de l’essence à plus de 2.00$/L, nous nous sommes dit que bien des Québécois laisseraient leur automobile à la maison pour utiliser les transports alternatifs avec un prix si élevé. Fait intéressant, ce prix renferme une taxe de 6.7¢/L qui va dans un système d’échange de droits d’émission, comme un peu celui auquel le Québec et la Californie participent. Comment ça marche?

Le gouvernement alloue aux compagnies émettrices de GES un certain nombre d’unités néo-zélandaises (NZU). Une NZU équivaut à une tonne d’équivalents de CO₂. Les compagnies peuvent vendre leurs unités en excès ou en acheter si elles polluent plus que ce qui leur est permis. L’achat se fait auprès d’autres compagnies ou de capteurs de CO₂ (comme des propriétaires de terres qui plantent des arbres). Le gouvernement se garde une part dans ces transactions, créant un revenu pour réinvestir dans le pays.

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Le prix de l’essence à 2.05$/L affiché sur l’île du Nord. Sur l’île du Sud, il peut atteindre 2.50$/L.

8. Autobus électriques à deux étages 🚌

Comme ancienne colonie de l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande présente certains aspects rappelant ce pays, comme des autobus à deux étages. La différence est que, outre leur couleur, certaines de celles-ci sont 100% électriques à l’aide de piles. Mais, le portrait n’est pas aussi beau qu’il ne pourrait paraître. Dans la ville de Wellington, il a été décidé dans les dernières années de remplacer les trolleys bus, alimentés à 100% à l’électricité, par des autobus au diesel. Mentionnons au passage que la Nouvelle-Zélande tire son électricité à 84% de sources renouvelables comme l’hydroélectricité, la géothermie, l’éolien et la biomasse.

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Un autobus à deux étages 100% électrique à Wellington.

9. Réseau d’autobus interurbains complet et abordable  🗺

En voyageant sans automobile dans le pays, nous avons dû flirter avec différents moyens de transport: l’autobus, le train, le covoiturage, le pouce,  le vélo, et, pour le plaisir, la trottinette électrique. Nous avons été surpris de voir que les déplacements en autobus entre les villes étaient peu dispendieux et connectaient la majorité des grandes et petites villes. Il va de soi que cette accessibilité facilite le transport durable et, par ricochet, les voyages plus écoresponsables.

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La compagnie d’autobus InterCity connecte la majorité des villes de la Nouvelle-Zélande.

10. Accès gratuit à la nature 🏞

Aller en nature vient inévitablement nous sensibiliser à sa protection par la contemplation de sa fragile beauté, par nos propres constations des problématiques de pollution et par les panneaux informatifs qui s’y retrouvent à l’occasion. Ainsi, la gratuité d’accès à la nature se doit d’être soulignée, comme c’était le cas dans l’Ouest canadien. Cependant, pour prendre part aux Great Walks (des randonnées en autonomie de quelques jours), il faut débourser des sommes astronomiques étant donné leur popularité grandissante.

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Au Parc national du Mont Cook, comme dans tous les autres parcs du pays, aucun tarif d’entrée n’est exigé.

Ce qui n’est pas vert 👎🏻

Avec des ratés en matière de recyclage et de l’utilisation de l’énergie, la Nouvelle-Zélande ne fait pas très bonne figure sur certains points environnementaux. De plus, les industries dominantes du pays étant l’agriculture et le tourisme, celles-ci créent des pressions supplémentaires sur l’environnement. Voici les 8 points que nous avons retenus.

1. Plastiques mous à la poubelle 🗑

Lorsque nous sommes arrivés en novembre dernier, nous étions comblés de voir que l’on pouvait recycler les plastiques mous en rapportant ceux-ci à l’épicerie. Organisé par la Love NZ Soft Plastic Recycling Programme, le projet a cependant cessé à la fin 2018. La compagnie australienne, qui utilisait ces plastiques pour faire, notamment, des bancs de parc et des bollards, a décidé d’arrêter de les accepter après en avoir reçu au-delà de sa capacité. Espérons que le programme soit de retour bientôt au pays.

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Un plastique mou qui porte encore la mention «Recyclable en magasin».

2. Aucune collecte des matières organiques 🍌

Malheureusement, aucune collecte des matières organiques n’était faite dans toutes les villes que nous avons visitées en Nouvelle-Zélande (à l’exception de Christchurch et de Raglan). Mais, sur une note plus positive, tous les jardins biologiques où nous avons travaillés avaient leur propre compost et accordaient une grande importance à la gestion de leurs déchets. De plus, certains cafés offraient gratuitement leur marc de café aux clients désireux de l’utiliser à diverses fins. Finalement, les food market offraient toujours des contenants et des ustensiles compostables aux consommateurs, même si cela est paradoxal étant donné que les municipalités ne possèdent pas les installations pour traiter ces matières.

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Le compost sur un jardin maraîcher où nous avons travaillé.

3. Utilisation d’énergies non renouvelables 🔥

Les Néo-Zélandais auraient intérêt à utiliser davantage leur électricité majoritairement renouvelable comme source d’énergie. Or, beaucoup de systèmes de chauffage carburent encore au gaz et de nombreux fours sont encore au propane, ces énergies fossiles étant, malheureusement, moins coûteuses que l’électricité. Ainsi, la filière électrique ne représente qu’une faible proportion de l’énergie utilisée en Nouvelle-Zélande.

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L’utilisation d’un four au propane pour cuisiner est très répandue en Nouvelle-Zélande.

4. Mauvaise isolation des maisons 🏡

Après avoir vécu au sud de la Nouvelle-Zélande, là où il fait le plus froid, pour le début de l’hiver, je peux témoigner que l’isolation des maisons est souvent inexistante et qu’il y fait généralement assez froid. D’ailleurs, les maisons n’ont généralement pas de solage (sous-sol), qui pourrait agir comme isolation naturelle. Une meilleure isolation permettrait de réduire les besoins en chauffage et limiterait, par ricochet, la pollution qui y est reliée. Fait cocasse: Pour combler le manque d’isolation en hiver, les Néo-Zélandais n’augmentent pas le chauffage, mais utilisent plutôt des couvertures chauffantes.

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Pour pallier le manque d’isolation en hiver, les Néo-Zélandais ont recours à des couvertures chauffantes.

5. Voyageurs pas très écolos ✈️

Un geste à prime abord anodin pour l’environnement peut devenir problématique lorsqu’il est répété par plusieurs personnes. Ainsi, avec ces quatre millions de touristes annuellement, la Nouvelle-Zélande est grandement impactée au point de vue environnemental par les mauvais comportements des voyageurs. De plus, une personne qui voyage en Nouvelle-Zélande émettra une quantité impressionnante de GES par le simple fait de prendre l’avion pour s’y rendre. Finalement, avec des vols d’avions à des prix dérisoires à l’intérieur du pays, un incitatif supplémentaire est créé pour privilégier l’avion à d’autres moyens de transport moins polluants comme le train, l’autobus ou le traversier.

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Un vol de Queenstown à Wellington peut coûter aussi peu que 40$ versus 150$ pour l’autobus et le traversier.

6. Déforestation pour l’agriculture 🌾

En Nouvelle-Zélande, il est choquant de voir à quel point les paysages sont dénudés d’arbres. Les montagnes sont plutôt recouvertes d’herbe, constituant un parfait festin pour les moutons et les vaches qui les habitent. Ces paysages, bien différents de ceux montrés pour faire la promotion de la Nouvelle-Zélande, ne datent pas d’hier. Les premiers arrivants européens ont vu l’opportunité agricole des terres de la Nouvelle-Zélande et ont coupé puis brûlé une partie considérable du couvert forestier pour l’agriculture et l’élevage d’animaux.

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Sur la péninsule de Banks, tout a été brulé pour laisser place aux pâturages.

7. Pollution des cours d’eau 💦

L’élevage d’animaux, notamment des bovins et des moutons, a des impacts majeurs sur la qualité des rivières et des lacs. Ces derniers sont maintenant tellement pollués par les engrais, les pesticides et le fumier du bétail que l’on ne peut plus s’y baigner et où y pêcher. Les Néo-Zélandais font d’ailleurs des pressions pour que le gouvernement règle la situation, considérant la baignade comme un droit fondamental. Le 2/3 des rivières sont trop polluées pour la baignade et le 3/4 des poissons natifs d’eau douce sont en danger d’extinction. En 2016, 5000 personnes ont été traitées pour une gastroentérite, dont 4 en sont décédées. La cause la plus probable serait la consommation d’eau contaminée par des fèces de moutons.

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L’industrie de l’élevage a des impacts majeurs sur les cours d’eau de la Nouvelle-Zélande.

8. Lutte à la peste avec des poisons dangereux ☣️

La Nouvelle-Zélande s’est donné comme mission de devenir sans peste d’ici 2050, c’est-à-dire avec aucune espèce sauvage non native du pays. D’un côté, cela peut-être vu comme une bonne chose puisque les oiseaux natifs du pays ne se portent pas très bien. Ceux-ci doivent compétitionner avec de nombreux prédateurs introduits qui mangent leurs oeufs et limitent leur reproduction. D’un autre côté, de dangereux poisons sont utilisés pour éradiquer la peste, dont le très controversé 1080 (ten-eighty), qui semble causer plus de dommage à la faune endémique qu’il ne l’aide.  D’ailleurs, le plan d’éradication de la peste est lui aussi contesté.

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Un avertissement d’utilisation de divers poisons lors d’une randonnée.

Voilà qui complète cette liste de ce qui est vert et ce qui ne l’est pas en Nouvelle-Zélande! Il était important pour moi de souligner les aspects verts de la Nouvelle-Zélande. Non seulement ils sont des sources d’inspiration pour le Québec, mais ils soulignent les nombreux efforts que fait le pays pour devenir plus vert. Par ailleurs, on entend souvent parler de la Nouvelle-Zélande comme étant un paradis naturel, alors que cela n’est pas tout à fait vrai. Maintenant, à vous de juger si la «cote verte» que l’on donne à la Nouvelle-Zélande tient toujours.

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